[Notes] « Quelle valeur sociétale créée par les associations ? » conférence organisée par l’Institut français du monde associatif

📅 le mercredi 16 novembre, de 9h à 11h30

💡 Basé sur les travaux de l’Institut et sur le double témoignage de chercheurs et d’acteurs associatifs, cette conférence aura pour objectif de répondre à un besoin de connaissance structurant : comment qualifier, évaluer et rendre compte de la création de valeur par les associations ?

➡️  Ont été abordées notamment deux grandes thématiques sociétales :

🔸 La contribution des associations face à la crise climatique

🔸Le fait associatif face au défi de l’accueil des personnes exilées

Animation par Floriant Covelli, délégué général de l’Institut français du Monde associatif.

Avec le soutien de la Fondation Crédit Coopératif, d’In Extenso, de la Métropole de Lyon, et d’ENGIE Solutions France (Engie People’s Lab).

👥 Intervenants 👥

👥 Yannick Blanc, Président de l’Institut français du Monde associatif

  • 4000 travaux de recherches recensés dans le base de données de l’IFMA
  • enquêtes sur les besoins des acteurs associatifs menés par l’IFMA pour identifier les enjeux à explorer
  • 23 projets de recherche financés et soutenus par l’IFMA
  • La création de la valeur, la valorisation s’est rapidement imposé comme un besoin de connaissance pour les associations → car il y a une pression mise sur les association sur l’évaluation de leur impact
  • Qu’y a-t-il derrière cette idée de valeur sociétale?
    • Le poid et l’effet de levier du fait associatif dans le société (production du lien social, de l’intérêt général)
    • les associations sont depuis longtemps des acteurs de terrain et de pointe dans l’innovation sociale (ex: recherches sur les maladies orphelines) car ce sont les premières structures à prendre la parole et à mener le changement sociétal
    • Comprendre comment les sociétés évoluent dans leur rapports à leur territoire → les acteurs locaux se rendent compte aujourd’hui que les acteurs associatifs ont un rôle clé à jouer
    • S’interresser au mode de fonctionnement des association:
    • les modes de prises de décision, de gouvernance, de partage, de faire-ensemble déterminent ce qui compte pour les association
    • on se réfère à la fois aux valeurs et à la valeur
    • Groupement de recherche sur la valorisation (GREUS): www.greus-lab.fr

👥 Laurent SIMO, Directeur national Economie Sociale, In Extenso Economie Sociale

👥 Anne ARCHAMBAULT, ENGIE Solutions France (Engie People’s Lab) en remplacement de Valérie Gaudart, Directeur Écosystème et culture pour l’innovation, ENGIE Solutions France

  • capacité à accompagner le changement via les associations

👥 Florestan GROULT, Vice-président de la métropole de Lyon délégué à la politique sportive, à la coordination des animations sportives et associatives

  • Nouvelle fabrique le l’action publique avec les associations en triptique avec les politiques et les chercheurs
  • Vigilence que la redevabilité demandée aux association n’étouffent pas leur action
  • Valeur humaine non-quantifiable

👥 Camille Hamidi, Professeure de science politique, Université Lumière Lyon 2

  • Exilé : terme plus neutre que ‘réfugié’ ‘demandeur d’asile’ utilisés par les médias et qui ne s’applique pas à la majorité des personnes
  • La plupart des personnes restent et sont régularisées au bout de 10ans
  • La focalisation sur les demandeurs d’asile et une logique de soupçon a été instauré par les politiques d’accueil qui n’acceptent pas l’accueil économique vs. accueil politique fondé sur la vision occidentale des droits de l’homme
  • role des associations : dès les années 1920 les personnes déplacées sont prises en charge de manière ‘artisanale’, dans les années 1970 un dispositif d’accueil est créé à l’initiative et sous l’égide des associations (France Terre d’Asile)
  • Au fur et à mesure où les demandes augmentent et les accueils diminuent, l’état décide que les associations ne font pas assez bien leur travail, et en 2003 l’OFI est créée et fait intervenri les assos en tant que prestataires de l’action de l’Etat → ça créé des frustrations
  • sur la diversité des associations (80% des association n’ont pas de salariés) ; beaucoup de collectifs se créent sans se constituer en association ; des types de rôles différents (lieux de militantisme vs. lieux de nouveau management publiques)
  • on ne peut pas dire que les associations ont perdu leur pouvoir de contestation → il y a toujours des tentatives (discrètes ou plus explicites) en fonction du positionnement des associations
  • Evaluation de la valeur créée: souvent les assos qui interviennent dans le secteur social sont méfiantes car il est difficile d’évaluer les effets ‘humains’ (⚠️ le témoignage ⚠️)
  • Les éléments quantitatifs ne sont pas adaptés aux actions des associations (ex: combien de personnes accompagnées)

💡on pourrait rapporter l’efficacité des actions par rapport à ce qui se serait passé si elle n’avait pas eu lieu

  • une évaluation sur les process vs. les résultats comparé à si l’action n’avait pas eu lieu
  • Depuis 2012 plus d’argent données par le biais des déductions fiscales d’entreprises privées que par des subventions d’état → une critique du mécénat
  • Les pouvoir publiques ont tendance à renouveler les financements déjà attribués
  • Quelle différence entre l’audit et l’évaluation ?
    • Que serait pour nous une action efficace pour atteindre notre objectifs ?

Programme de recherche de l’IFMA : Comment nourrir les méthodologies évaluatives mises en oeuvre dans le monde associatif?

👥Lionel POURTAU, Directeur Général de la Branche Urgence d’Habitat et Humanisme

  • DNA dispositif national d’accueil : l’OFI décide quand les personnes rentrent et quand elles sortent
    • cela déleste les associations de ce poids de décision de qui est lis à la rue
  • l’épisode de la jungle de Calais : à l’époque il y a avait 40 000 places dans le DNA, aujourd’hui il y en a 160 000
  • n’apparaissent pas dans les statistiques les association qui ont des fonds propres ou qui sont financées par l’état qui leur demandent de ne pas trop regarder le statut juridique des bénéficiaire → des injonctions parfois contradictoires
  • les politiques publiques n’ont pas les moyens de piloter les associations et cela laisse une marge de maneuvre → les assos arrivent à transformer les politiques publiques en ce que les politiques ont besoin des assos
  • Il y a un double discours sur le terrain car les assos, l’état parlent à différents publiques et doivent satisfaire plusieurs intérêts
  • Les associations gagnent à conserver ce flou
  • En matière d’évaluation d’impact, il est sacré que les associations subventionnées rendent comptes aux financeurs
  • Fonds privés : mécénat (entreprises) + don (individus)
  • Dans l’écosystème il est important d’aller voir ceux qui font mieux que nous et de mettre en place un transfère de compétences
  • Réhabiliter la question de l’évaluation : dialoguer avec les partenaires → objectif de voir ce qui est le plus efficace pour les publics pour lesquels on travaille
  • La diversité des ressources financières permet de conserver une liberté d’action
  • les associations qui obtiennent des financements européens recrutent des profils hyper-spécifiques sachant remplir des dossiers admin lourds
  • Plusieurs contradictions: Comment mesurer le non-mesurable ? Comment évaluer efficacement sans crever le budget du projet qui a vocation à aider des personnes ? Comment les associations doivent coopérer alors qu’elles sont en concurrence (assos sérieuses vs. pas sérieuses et assos collaboratives vs. assos militantes)?

👥Guillaume Février, Guillaume Février, Directeur du CPIE Belle Ile en Mer – Maison de la Nature

  • 80 CPIE en France
  • objectif pédagogique et accompagnement des territoires pour améliorer l’équilibre environnemental (écoles, agricoles, etc.) facilitation territoriale → diversité d’acteurs sur un territoire pour répondre aux enjeux locaux par le biais de projets de recherche-action
  • aller vers les modèles socio-économiques transformateurs des territoires
  • souplesse et réactivité des assos vs. les collectivités et les entités territoriales
  • implication dans des réseaux associatifs pour avoir une voix dans les décisions
  • R&D territoriales : qu’est-ce que l’on fait, qu’est-ce que l’on sait faire, et comment on le porte ? → la recherche pourrait aider les associations à comprendre quel est leur valeur ajoutée et la mettre en avant
  • la culture de l’évaluation au sein de l’association → savoir se regarder, changer les curseurs méthodologiques et savoir raconter les choses (quel mise en scène, quel enchaînement des événements qui )
  • problème de l’immatérialité vs. la matérialité : les financeurs évaluent les productions matérielles
  • problème de la logique d’appel à projet : revenir vers les financements de fonctionnement
  • problème de l’essoufflement du bénévolat : comment évaluer un projet par rapport à sa capacité à mobiliser les ressources humaines sur le long-terme ?
  • Comment évaluer l’énergie citoyenne des associations ?
    • Création de groupes locaux suite aux événements organisées par les assos (conférences/débats)
  • DLA dans les associations pour aiguiller les actions : https://travail-emploi.gouv.fr/emploi-et-insertion/accompagnement-des-mutations-economiques/appui-aux-mutations-economiques/article/dispositif-local-d-accompagnement-dla

👥 Julie Riegel, Anthropologue, UMR PACTE, Université Grenoble Alpes

  • l’apport des associations face à la crise climatique sur 4 axes contributifs : élaboration et diffusion de connaissances scientifiques par les réseaux de bénévoles ; rôle de contre-pouvoir et de lanceurs d’alerte par ; montée d’une démocratie environnementale et participative ; relai de mouvements citoyens non-structurés et délégitimées ; statut juridique vers la formation de coopératives ; réseaux multi-échelles (ex: association terre de liens) associations + coopérations + fondations
  • ⚠️ méthodes basées sur le sensible et la narration : mettre en récit par des approches narratives les désirs de futurs et comment les pratiques narratives peuvent accompagner les processus de transformation dans les territoires 😀 💪

Conclusion

  • 5 décembre à Paris (FIAP) : 1ère rencontres nationales de l’IFMA